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A propos de la station d'Etrez

Depuis 2007, la station Davis etait reliee a un vieux PC dedie tournant sous Windows XP... J'utilisais le logiciel Weatherlink fourni avec la Station Davis. L'idee a ete de faire quelques changements ...
J'ai conserve la station et les capteurs . Le PC est remplace par un "nano-ordinateur" Raspberry pi2, au format d'une carte de credit, mais dont les performances (sans parler du cout) sont tout a fait satisfaisantes pour ce genre d'application.

'Raspberry'

J'ai abandonne Windows (ouf!) et je suis passe a Linux (raspbian jessie) . J'ai abandonne Weatherlink et son "look" des annees 90 . J'ai installe Weewx, logiciel entierement parametrable.

'weewx'.


Weewx offre une presentation "de base" qui peut etre modifiee en utilsant Bootstrap.

'Bootstrap'


Bootstrap permet de creer tous les objets qui entrent dans la composition d'un site internet ( barre de navigation, boutons, style ... etc ...).

On utilise une base de donnees SQLite, ou MySQL.

Ainsi, on passe d'un PC consommant au moins 150 watts, fonctionnant de 8 h a 21 h (et faisant du bruit), a un Raspberry ( framboise (!) ) qui consomme a peine 10 watts et qui tourne 24h/24.

Les valeurs mini, maxi ainsi que les cumuls ne sont pas exacts, car ils n'evoluent que depuis la mise en service .

Mais toutes ces donnees sont valables dans les pages archives.

La meteo dans la seconde guerre mondiale ...



Les Allies et les Allemands se livrerent un combat difficile et meconnu pour l'acquisition et la maitrise des donnees meteo au cours de la seconde guerre mondiale.

Tandis que se poursuivait la bataille pour la maitrise des mers, Ultra (1) apportait une nouvelle contribution de taille a la victoire sur le Troisieme Reich: la destruction du systeme allemand de renseignements meteorologiques. Les Allies et les Allemands reconnaisaient, en effet, chacun de leur cote, que l'attaque aussi bien que la defense le long de la voie d'eau la plus traitre d'Europe, la Manche, dependait en grande partie du temps. La couverture de nuages, la vitesse du vent, les marees, la hauteur des vagues, tout pouvait affecter serieusement, ou meme empecher les operations complexes terrestres, navales et aeriennes, d'une attaque sur la France.

Se souvenant peut etre du sort de l'Armada espagnole dans cette meme Manche en 1588, Eisenhower ecrivit un jour :" Si le mauvais temps devait etre permanent, les nazis n'auraient besoin de rien d'autre pour defendre la cote normande ". Des previsions meteorologiques exactes etant un element vital pour le commandement allie comme pour les Allemands il etait donc imperatif d'en priver l'ennemi le plus possible. Ainsi une serie de batailles systematiques et ignorees, s'engagea entre forces adverses dans les latitudes reculees de l'Atlantique Nord, la ou prennent naissance les conditions meteorologiques concernant la Manche. Ces batailles aussi violentes que les autres devaient commencer a la declaration de guerre pour finir avec elle.

La premiere operation de ce cette "guerre meteorologique" debuta le 10 mai 1940 au moment ou le major general Robert Sturges des Royal Marines, debarqua dans la capitale de l'Islande, Reykjavik, avec un groupe de Marines et des troupes du croiseur Berwick. IL arreta le consul general d'Allemagne, rassembla les equipages de reserve des U-boote qui y etaient stationnes etablit un service de garde-cotes, elimina les stations meteo allemandes et prepara d'une facon generale la voie a une occupation britannique. Il remplit sa mission avec beaucoup de diplomatie et de rapidite et l'Islande devint d'abord une base anglaise, puis americaine, pour les bateaux engages dans la bataille de l'Atlantique. S'etant empares de l'Islande, les Britanniques se tournerent alors vers d'autres stations meteo des mers septentrionales, et en premier, loin dans l'Ocean Arctique, vers Jan Mayen, ile norvegienne solitaire et sauvage, consideree au plan meteorologique comme un point cle. Elle fut envahie et occupee par un detachement danois sous commandement britannique des octobre 1940. Puis les stations norvegiennes et danoises occcupees par les Allemands au Groenland furent egalement detruites et des stations britaniques etablies a leur place.

Privee de stations terrestres, la Kriegmarine essaya bien d'etablir un reseau de chalutiers equipes en station meteo dans les mers septentrionales. Mais la crypto-analyse et la goniometrie a haute frequence eurent vite fait de les reperer, et en avril 1941, l'Amiraute ordonna de demanteler le reseau couvrant la zone Groenland-Islande, Jan Mayen-Feroes. Trois croiseurs et quatre destroyers partirent en mission le long d'une ligne nord-est de l'Islande, a mi chemin environ des Feroes et de Jan Mayen. Le 22 mai 1941, le chalutier allemand Munchen, de 1200 tonnes, fut intercepte et coule par le HMS Edinburg. Puis l'escadre se mit a la poursuite du Laenburg que le croiseur Nigeria et trois destroyers debusquerent le 25 juin 1941 sous le mont Beerenburg (2460 m) dans l'ile Jan Mayen. Malgre le brouillard epais, ses emissions radio l'avaient trahi et le radar du Nigeria acheva de le localiser. Le Nigeria avait pour mission de na pas laisser a l'equipage du Lauenburg le temps de detruire ses equipements radio et Enigma(1). Mais apres avoir etourdi l'equipage avec quelques obus d'exercice de 16 mm, un petit detachement du destroyer Tartare montait a bord, saisissait son Enigma(1), son equipement radio, et ses papiers de bord. Tout etait intact.

De leur cote, le commandos et les marins detruisaient successivement les stations meteo de Spitzbergen, Vaago (ou on put egalement s'emparer d'une autre Enigma(1) sur le chalutier arme Krebs et Lofoten. Le Groenland, lui, posait un probleme plus delicat, car les Etats-Unis en avaient fait un protectorat americain le 9 avril 1941. Aussi tout en n'etant pas encore en guerre, avaient-ils passe un accord avec les Britaniques et assuraient des patrouilles autour du Groenland pour empecher les Allemands de revenir sur l'ile. Le 13 septembre 1941 cependant les Etats-Unis accomplissaient leur premier acte de guerre contre le Troisieme Reich, quand le canot garde-cote US Northland arreta le chalutier-station Buskoe au sud-est du Groenland. Camoufle sous les baches blanches et bleues, le Northland resta silencieux et presque invisible sous un "storis"- l'un des icebergs geants dont la ceinture flotte autour du Groenland- observant le Buskoe se frayant un chemin a coups de boutoir a travers la glace fondante. Le capitaine du Northland, le commandant Edward 'Iceberg' Smith, grace a ses jumelles, vit que le Buskoe transportait une veritable batterie d'antennes, indice d'un equipement radio moderne et puissant ... que ne possedent jamais les chalutiers. Il decida donc de l'arraisonner comme virtuellemnt hostile, et fit tirer un coup de semonce sur son etrave. Les icebergs renvoyerent la detonation en echo, la repercussion detacha de grands morceaux de glace du 'storis' et une gerbe d'eau verte jaillit a l'avant du Buskoe. Aussitot il hissa pavillon annoncant l'arret de ses machines et le Northland sortit de l'ombre de l'iceberg pour se ranger a son cote. Une equipe monta a bord: les papiers presentes etaient ceux de 'chasseurs' danois et de 'trappeurs' norvegiens. Mais leur equipement radio trahissait une operation technique d'espionnage et de renseignement meteo. Un membre de l'equipage ayant avoue qu'on avait descendu a terre deux equipes, pourvues de radio, pres de l'entree du fjord Franz Josef, Smith ordonna alors au Buskoe de faire route vers la baie de Mackenzie, point situe au pied de la sierra du Groenland. Le batiment etait prisonnier.

Quand Smith monta sur le Buskoe dans la baie de Mackenzie, il constata qu'il n'avait nullement affaire a une expedition de chasse. Sa radio etait meilleure que celle du Northland: elle comportait un emetteur principal, un emetteur portatif, un recepteur principal, un recepteur portatif, un groupe electrogene portatif, et un tableau de controle. Smith informa alors le commandant danois que le Northland laissait un de ses equipages a bord. Puis il se dirigea vers le fjord Franz Josef pour apprehender les hommes laisses a terre par le Buskoe. Un petit groupe de reconnaissance decouvrit une cabane surmontee d'antennes, l'encercla le 14 septembre 1941 vers minuit, brisa la porte et decouvrit trois Allemands qui se rendirent sans combat.

Pendant les vingt mois qui suivirent, les defenses cotieres US concentrerent des forces importantes sur les mers du Groenland pour eloigner les Allemands pendant qu'a terre, les Danois et les Esquimaux s'employaient a patrouiller sur les moraines et les eskers (collines etroites) de l'ile. C'etait un etrange champ de bataille, eclaire par les flammes et les rayons de l'aurore boreale. Le froid intense rendait penible la respiration et quand un homme soufflait, des perles de glace se formaient en grappes epaisses sur sa barbe. Des tempetes de vent soufflaient constamment a 250 km/heure sur tout le secteur, tandis que les garde-cotes patrouillaient entre le cap de Glace du Groenland et le cap Farewell au sud, le long du detroit de Danemark jusqu'a Soresbysund, en haut de la sierra de 4500m du littoral groenlandais et plus haut encore dans le nord, vers la terre de Peary, endroit que tres peu d'humains avaient atteint.

A plusieurs reprises, les garde-cotes arreterent des equipes allemandes essayant d'installer des stations meteo. Ce champ de bataille particulierement inhospitalier vit s'abimer bien des avions et perir bien des hommes, et meme un bateau disparut sans laisser la moindre trace. Le 17 septembre 1942, le chalutier arme USCG Nastek, commande par Thomas S.La Farge, artiste et petit fils du peintre renomme John La Farge, partit de Narsarssuak, Groenland, pour Boston, avec un equipage de trente sept hommes, accompagne du chalutier Nanok, et de l'USS Bluebird, dragueur de mines. Le petit convoi entra dans le detroit de Belle-Ile.Comme la neige commencait a tomber, le Bluebird perdit le contact. La sonde du Namok etant hors service, le Natsek prit la tete, mais le temps s'obscurcit et tout contact visuel fut bientot perdu. Comme le convoi passait la pointe Amour Light, le temps s'eclaircit mais le vent se transforma en ouragan. C'est alors que la glace noire se forma, phenomene fatal a maints chalutiers dans l'Arctique. De violentes rafales fouettaient l'ecume de mer et l'envoyait sur les superstrutures du Natsek et du Nanok ou elle gelait, formant des couches de glace qui se mirent bientot a peser des tonnes.Menaces de chavirer, les equipages combatirent la glace noire pendant trois jours et trois nuits attaquant les blocs au pic et au ciseau.Meme la vapeur etait inutile, car a peine lancee sur la glace, elle gelait.Le Nanok s'en sorti miraculeusement, mais il en alla tout autrement pour le Natsek. La glace s'etait accumulee et le bateau etait devenu trop lourd sur le dessus, il se renversa d'un seul coup et coula on ne sait ou. A de telles latitudes, un homme ne pouvait survivre plus de cinq minutes, a moins d'etre dans un bateau, et meme danc ce cas, il ne pouvait tenir toute une nuit a moins d'etre secouru rapidement. Pour le Natsek, rentrant a sa base, il n'y avait donc plus aucun espoir.

Les Allemands subirent de leur cote des pertes encore plus severes dans cette guerre brutale dont les dimensions ne se mesuraient pas en heures ou en kilometres, mais en mois, en degres de longitude et de latitude et dont les victoires n'etaient marquees que par de curieux symboles sur les cartes meteo. A plusieurs reprises des equipes nazies furent interceptees alors qu'elles debarquaient ou qu'elles se deplacaient sur les glaces. Souvent leurs avions se perdaient dans les tempetes de l'Arctique et leurs bateaux restaient pris dans les glaces. Des centaines d'hommes moururent de froid pendant toute l'annee 1942 et jusqu'en 1943 les Allemands persisterent, tellement etait vital leur besoin de renseignements meteo exacts. Les Americains aussi s'obstinerent. Avec l'aide de Magic (3), de briseurs de glace efficaces, de patrouilles sur traineaux, et de leur pesants Catalina- quelquefois brises par les orages de l'Arctique- ils prirent en chasse et detruisirent les uns apres les autres les chalutiers allemnands et les stations terrestres partout ou ils surgissaient jusqu'a ce qu'enfin les Allemands s'avouassent vaincus.

La guerre meteorologique ne se cantonna pas seulement aux mers arctiques. Elle s'etendit partout ou les Allemands essayaient d'obtenir des donnees en dehors des frontieres des pays de l'Axe. Les armes utilisees n'etaient pas limitees aux canons, bateaux et avions. Celle plus subtile de la radio, servait a deceler, puis a brouiller les stations qui se trouvaient hors de portee. Quand il s'en trouvait une en territoire neutre - comme ce fut le cas dans la colonie espagnole d'Ifni au Maroc- les allies employaient les arguments brutaux des sanctions economiques et diplomatiques. Ainsi, l'OSS lanca une operation reduite mais approfondie contre la station d'Ifni et, muni de preuves et d'informations necessaires, l'ambassadeur americain a Madrid, Carlton Hayes, alla presenter sa plainte au gouvernement espagnol. L'Espagne etant particulierement dependante du petrole americain, accepta la requete au grand dam des Allemands qui perdaient la une nouvelle station meteo.

La destruction de la flotte de l'Etappe(4) des U-boote dans l'Atlantique Nord priva egalement les Allemands de renseignements meteo, et c'est a Ultra (1) que revenait une grande part de cette reussite. Sans doute aussi important etait le fait que dans les premiers jours de la guerre, la machine de Turing avait permis au service meteo anglais de connaitre les rapports meteo allemands, et ce pour quantite de raisons. Avec ces rapports ultra secrets, les Allies savaient d'abord avec precision quand et comment le temps sur le continent favoriserait une attaque aerienne. Mais ils connaissaient egalement ce que les Allemands apprenaient des conditions meteo sur les Iles Britanniques. ils purent lancer des attaques aeriennes quand les Allemands ne s'y attendaient pas, choisissant des conditions atmospheriques defavorables. Ils tirerent egalement des conclusions precieuses sur les intentions allemandes en se basant sur l'interet qu'ils portaient au temps au dessus de telle ou telle region. Mais ce qui comptait le plus, dans le contexte de l'invasion, fut la possibilite de dechiffrer les rapports meteo allemands, permettant ainsi aux etats-majors allies de savoir quand les Allemands s'attendaient a une attaque ou non. Briser leur code meteo s'etait montre tres difficile, mais en 1943 apres de nombreux essais et changements, les Allemmands standardiserent leur systeme crypto-analytique a l'Ouest. Il ne devaient plus en changer jusqu'apres l'invasion .

Dans la guerre meteo, on le voit, nombreuses etaient les ruses, car non seulement on pouvait priver les Allemands de renseignements exacts, mais encore pouvait on leur fournir de fausses previsions. Cette campagne s'etait d'ailleurs ouverte des la declaration de guerre, lorsque l'agent double Snow, avait emis de sa cellule de faux rapports sur le temps au dessus de Londres, afin d'egarer Hitler au cas ou il deciderait d'engager les hostilites par une attaque de la Luftwaffe sur la capitale britannique . Puis elle continua quand les agents allemands pris en train d'implanter des stations meteo dans les iles de l'Atlantique Nord furent arretes et "recuperes" pour fournir a Berlin de fausses donnees meteo.

Campagne de mystification, tours de passe-passe technologiques, mini guerre sauvage a l'interieur de la grande, obligerent les Allemands a dependre - uniquement pour la meteo sur les Iles Britanniques, l'Atlantique et les rivages a l'Est des deux Ameriques - d'un procede statistique base sur les modeles de temps observes sur la Manche depuis les cinquante dernieres annees. Ils s'appuyerent aussi sur les rapports des sous marins isoles et sur ceux de la Lufwaffe, sur les elements fournis par les stations en territoire allemand, sur les interceptions des rapports meteo allies enfin sur ce qu'ils pouvaient voir de leurs propres yeux ... les Allies, eux, avaient a leur disposition des renseignements beaucoup plus detailles; et de tous les facteurs naturels, de tous les plans elabores par les hommes, qui permettraient un jour le succes de l'invasion, la connaissance alliee et l'ignorance allemande des conditions atmospheriques la veille du jour 'J' s'avereraient determinantes.

Extrait du livre d'Anthony Cave Brown : " La guerre secrete " Tome 1, pages 283 et suivantes.


(1) Ultra : Dechiffrage des messages allemands par les crypto-analystes de Bletchley Park.
(2) Enigma : Machine a chiffrer utilisee par les armees allemandes.
(3) Magic : Equivalent americain de Ultra.
(4) Etappe : Etappen Dienst, service de ravitaillement de U-boote en haute mer.